9.26.2016

Last summer



Vous l'écrire me donne envie d'y retourner, d’emmagasiner ces journées de chaleur pour mes lundis sous la pluie.

Il m'est compliqué de savoir par où commencer, que vous raconter. Nous avions cet été comme le précédent réservé nos deux dernières semaines d'août pour partir ensemble en vacances, assez loin pour être dépaysés mais pas trop pour pouvoir nous l'offrir et nous permettre de nous faire plaisir sur place. C'est donc sans grande hésitation que nous nous sommes encore une fois retrouvés dans la maison de vacances de mes grands-parents, à Arcachon, au milieu des pins.
Nous avons profité d'eux la première semaine, des talents de cuisinière de ma grand-mère et du confort de la maison en bois de mon grand-père, le tout sous une chaleur qui nous faisait nous lever tôt et nous coucher tard. Au programme, l'océan le matin pour s'abriter du soleil le midi, la route presque dans la forêt qui longe la dune, le petit nice et la lagune, puis vient la plage de la salie, ses vagues, le chemin en caillebotis à travers les dunes où se croisent surfeurs en tout genre, enfin le wharf, énorme, qui domine la mer et donne une impression d'infini à la côte landaise au delà. Lorsque la chaleur n'était pas trop pesante, nous tronquions l'océan pour le bassin et son air plus doux avec en favori la plage des abatilles, juste après l'école de voile, avant la dune et le banc d'arguin.
Ces choses à faire dans le bassin d'Arcachon : longer le port de la teste et ses pinasses (bateaux à fond plat typiques de la région et de ses bancs de sable) aux couleurs acidulées, prendre un bateau pour rejoindre le cap ferret, faire les magasins dans la vieille ville d'arcachon puis finir dans l'eau sous la jetée tiers, se baigner à la plage de pereire à marée basse et marcher des kilomètres sur du sable blanc en s'arrêtant à chaque trou d'eau pour goutter à l'eau coincée là après toute une matinée de soleil, passer par la dune du pyla et descendre les escaliers en bois pour s'arrêter sur les bunkers et regarder les pêcheurs, enfin y monter par un chemin dérobé une rue plus haute, à travers le grillage troué, arriver en haut loin des touristes et à l'heure pour le coucher de soleil et la danse des parapentes, boire un verre à la corniche avec cette même vue, une glace au cornet d'amour sur la jetée du moulleau, entre les concerts et les expositions d'artistes le soir. Arcachon, pour moi, c'est aussi la plage de la Hume cachée derrière son petit port - longez la voix de chemin de fer puis empruntez le petit chemin qui longe les marécages du fond du bassin pour arriver sur cette plage déserte d'où le quatorze juillet un feu d'artifice se joue de chaque côté -, c'est passer le balais sur le toit de la maison pour enlever les aiguilles de pain et la course des écureuils sur la table en bois du petit déjeuner.

Après cette semaine à Arcachon, il était prévu de descendre davantage vers l'Espagne en longeant la côte, sur la route des lacs jonchée de pins. Nous avons donc rejoins les Landes, passé Biscarosse, Mimizan, St Girons puis Vieux Boucau où l'on s'arrête impressionnés par les vagues qui se cassent au loin derrière le camion blanc. On reprend notre route trempés et salés pour Hossegor et Capbreton où l'on s'achète à déjeuner, puis direction Biarritz où l'on visite la ville à pieds, entre les surfshops et les plages. Enfin nous reprenons la route jusqu'à Saint-Jean de Luz, le temps d'une baignade et nous décidons de faire marche arrière avant de rejoindre la frontière, envie de vide et de fraîcheur, retrouver ces pins dont je vous parle tant. On passe Bayonne, Anglet direction Seignosse pour passer la nuit dans le coffre de la voiture aménagé pour l'occasion, à regarder les étoiles et les nuances de bleu sur notre parking perdu au beau milieu des landes. Soustons plage la matin puis retour vers Biscarosse et c'est déjà la Salie sud.
Que vous dire de ce voyage. Tant de choses. Premièrement la beauté des paysages, cette route et la côte landaise, ces petits villages aux fanions bleus, les marchés et la profusion de nourriture - la tourte aux pommes landaise, le filet mignon séché, le confit de canard et le pâté landais au foi gras pour ne vous citer que mes préférés -  et bien évidemment les vagues, plus belles de plages en plages. L'omniprésence de personnes qui recherchent la même chose que nous : l'océan. Omniprésence à double tranchant qui a écourté nos vacances, cette "Mecque" où tout le monde se pousse pour entrer dans l'eau, trop plein de gens, la ville depuis Capbreton et pas une plage abritée jusqu'à St-Jean de Luz, des vagues certes mais notre envie de solitude plus forte encore, profiter de cette nature loin du bruit, des touristes, des parkings en béton et des basques que trop bien conscients de ce qu'ils ont sous les pieds. Pour autant, j'ai adoré ce voyage et j'ai hâte d'y retourner pour découvrir plus loin encore, ou redécouvrir, peut-être plus tard ou plus tôt dans la saison cette fois.

Cette fois-ci promis, j'arrête de vous parler de l'été.