2.03.2017

A day in Paris


J'ai longuement hésité avant de vous parler de cette journée, finalement je pense que 
m'exprimer à coeur ouvert reste la meilleure des solutions.


Samedi dernier, nous sommes partis passer la journée à Paris pour un entretien. D'où mon hésitation, à savoir quand s'arrête la barrière du trop personnel ici, qu'avez-vous vraiment besoin de savoir sur moi et cette information vous est-elle essentielle.. Et puis, je me suis dis que de toute façon je tenais déjà ici un peu un journal de mes émotions et de mes hésitations, je vous ai déjà parlé de mes études et de mon stage (ici et ici) et vous montrer des images d'un Paris tout sourire n'aurait pas été juste selon moi. Loin de moi pour autant l'idée de me plaindre et de ne partager ici que du négatif, cependant je pense que je me dois d'être sincère, et j'aime à imaginer que je retomberai sur cet article plus tard en me disant que finalement, tout s'est bien passé par la suite, que ce n'était pas si important. Ce n'est pas non plus comme si vous étiez beaucoup à me lire, je crois que je peux encore être un tout petit peu personnelle sans pour autant trop m'exposer.. (Ceci est vraisemblablement l'introduction la plus longue de l'histoire des intro)

Je me suis donc rendue à Paris samedi dernier pour un entretien dans une école privée (information qui pourra vous servir par la suite) qui, déjà, m'a fait venir sur l'idée d'un arrangement possible (à savoir passer en année supérieure sans avoir validé ma précédente, dû à mon stage) duquel au final il n'a plus été question lors de l'entretien. Je suis donc arrivée, moi, mon cv et ma lettre de motivation (qu'on ne m'avait d'ailleurs pas demandé d'apporter) hésitante et angoissée, récitant mentalement mes connaissances sur l'histoire de l'école, les grands groupes du luxe et les dernières actualités mode. Une fois dans le bureau de la responsable du master que je vise, je tombe sur une personne souriante et accueillante, qui me met tout de suite à l'aise, me pose quelques brèves questions sur la mode et mon parcours et m'annonce assez vite que je suis prise, et que je peux dès maintenant, si je veux m'assurer une place, remplir la fiche d'inscription. Elle ajoute que mon profil est idéal et mes choix de formation judicieux, que j'ai du talent, beaucoup de talent pour la communication, que je "l'emporte ailleurs" quand je parle de mode, que mon blog est à prendre très au sérieux, que c'est autour de celui-ci que je peux construire ma carrière.. A tous ces compliments, elle ajoute très vite que tant que mon chèque d'inscription ne lui est pas envoyé, elle ne peut me garder une place dans son école. Une école si sélective qu'un cv n'est pas nécessaire à l'inscription et qu'aucune question de culture générale ne vous sera posée.. (lui ai-je vraiment tapé dans l'oeil à ce point, avec ma petite licence non validée et ma faible expérience dans le milieu? me donne-t-on enfin ma chance, pour de vrai, pour moi?) elle me fait ensuite visiter le reste de l'école, elle s'assure que le programme et l'établissement me plaise, que tout corresponde à mes attentes, que je suis séduite en somme, et je sors du rendez-vous souriante, un peu effrayée par cette nouvelle aventure dans laquelle je semble me lancer, mais très fière de moi, même touchée d'être aussi complimentée, de l'attention qu'on me porte, au final je suis prise, chose que je n'osais imaginer en venant jusqu'ici.
Puis, on marche un peu, on trouve un banc, je raconte, je m'écoute, et sous mes yeux je repasse l'entretien, je me répète les phrases, les compliments, je relève la liste sans fin d'incohérences (le nombre de places qui change à mesure des phrases, mon stage, la difficulté prétendue de la sélection..).  Je pense sur le moment que c'est ma peur de l'inconnu qui s'exprime, pour autant je trouve les compliments trop gros, comme trop bien trouvés, des choses que je n'ai jamais entendues et qui m'ont fait plaisir, plaisir au point de remplir cette fiche d'inscription et de lui promettre l'envoi du règlement dès lundi. Compliments qui, à la réflection, me paraissent inattendus sortis de la bouche d'une responsable d'un master parisien.. Alors je ne sais pas. Je ne sais plus. Est-ce qu'on croit vraiment en moi pour ce que je suis ? Est-ce que je fais preuve de trop de méfiance et que je n'ai moi-même pas assez de confiance en moi pour y croire ? Les réponses positives que j'attendais depuis une éternité paraissent se retourner contre moi, ce que je croyais être "bon" se révèle beaucoup plus complexe que dans mon imagination, je me remets en question, je réfléchis, à ce que je veux faire depuis toujours et que je touche enfin du bout des doigts, trop beau pour être vrai..

Je vous avoue que j'avais repéré les lieux, les magasins, j'avais imaginé des films et des images de mon séjour à Paris que je pensais pouvoir vous partager ici à mon retour, j'avais le sac chargé de tenues et pourtant, je n'ai plus eu envie de rien, alors même que la réponse était celle que je croyais attendre. On a pris la décision de mettre de côté les photos pour le moment et de me changer les idées et on a marché, beaucoup marché, on a pris le métro, on s'est arrêtés, opéra, les grands magasins, une vue sur les toits, un déjeuner au Marais, les boutiques, des souvenirs, la seine au couché du soleil où j'ai retrouvé des couleurs, quelques photos, des magasins de dernière minute et un photomaton. Une journée fatigante mais qui me donnait envie de revenir, et c'est au final tout ce que je comptais vous dire ici.

Pour autant, je pense que l'évènement d'hier m'a aidé à prendre une décision et c'est ce qui m'a poussé à vous en parler aujourd'hui. J'ai vite compris que mon impression était malheureusement la bonne.
Dans la journée de jeudi, j'ai donc reçu deux coups de téléphone de la dite responsable du master qui cherchait à me joindre expressément, très inquiète de ne pas encore avoir réceptionné le chèque de mon inscription. Pendant 20 minutes, incohérences après incohérences, elle a cherché à me persuader qu'une fois mon chèque envoyé, tout irait bien dans le meilleur des mondes et qu'elle m'aiderait à trouver un stage ou à parler à mon rectorat (...), qu'en attendant, elle n'avait pas de temps à m'accorder (seulement deux appels téléphoniques et 20 minutes de monologue..), poussant même la pression jusqu'à jouer sur mon futur désir de travailler dans l'univers de la mode en affirmant que si je n'étais pas réactive, je n'avais certainement pas ma place dans le milieu. J'ai donc malheureusement compris que cette solution n'était pas la bonne, et que je retourne de ce fait à la case départ dans mes recherches, plus perdue que je ne pensais pouvoir l'être..
Tout cela pour vous mettre en garde - même si j'ose espérer que toutes les écoles privées ne fonctionnent pas de la même manière - que même arrivé au niveau master, on peut vous promettre monts et merveilles dans le seul but de faire du profit, d'avoir votre argent, et qu'engager un emprunt pour une école qui fonctionne de la sorte ne me paraît pas valoir la peine, tout du moins pas si vous avez le moindre doute quant aux réelles intentions de votre "recruteur". C'était seulement la voie potentiellement la plus directe pour arriver jusqu'où vous souhaitiez vous rendre, pour autant, comme le disait ce cher césar, "toutes les routes mènent à Rome" et je suis sûr que des chemins moins couteux matériellement et psychologiquement sont envisageables..
évidemment ce n'est là que mon expérience et je ne prétend pas détenir toute la vérité sur les écoles privées et les master, voilà seulement ce que j'ai pu en retenir de mon côté. 











EnregistrerEnregistrer