6.16.2017

Mois de Mai


Je sais que c'est encore un mois d'une supposée attente, je sais qu'une nouvelle page se tournera bientôt et que la vie ne fait qu'avancer, et pourtant, j'ai toujours beaucoup de regret à laisser des moments derrière moi. 

Des goûts de dernières fois, d'habitudes qui se perdent, même si l'avenir me fait envie. C'est très contrasté, avoir à la fois l'envie d'avancer et de voir ce que le futur nous réserve - d'autant plus que tout ne se déroule pas trop mal et que l'on touche même presque ce qu'on n'imaginait pas pouvoir atteindre - et de l'autre côté tous ces moments de maintenant, dans un autre endroit, un autre cadre, les lumières, la chaleur l'herbe, la mer. Tout ce qui au début me donnait envie d'avancer en courant et qui, comme d'habitude quand elles touchent à leur fin, me rendent mélancolique. Alors subitement j'ai besoin de tout faire, de tout voir, de tout photographier pour me le remémorer après, quand ce sera fini. Et la plupart du temps, je ne me rend même pas compte que j'ai perdu certaines choses, que mon quotidien est différent, tout se fait naturellement et une nouvelle routine s'installe qui déloge la première sans grande difficulté et regards en arrière. Mais c'est comme ça, tant qu'on sent la fin mais que rien ne commence vraiment, je suis mélancolique, et j'en viens à tout voiler de rose et à me dire que quand même, c'était vraiment bien. Tous les points négatifs s'envolent et je mets les bons moments tout en haut. J'ai peur du changement, j'ai peur de n'avoir pas assez profité des moments qui m'étaient donnés, j'ai peur de ne jamais y retourner et d'y penser en regrettant le temps passé. Je sais que ça n'en vaut pas la peine, mais je n'arrive pas à faire autrement et bien souvent je sais que c'est cet état dans lequel je me met qui me fait passer à côté de bons moments, aussi ridicule que cela puisse être! Mais voilà, aujourd'hui, j'ai posé mon ordinateur dans l'herbe, il est 19h13 et je vous écrit au soleil, encore en maillot de bain. J'ai des coups de soleil sur les cuisses et les bras, le vent se lève un peu à mesure que la marée monte et recouvre les derniers rochers devant la maison. Aujourd'hui je me suis baladée dans le village, j'ai pris des photos des premiers hortensias et me suis perdue dans les rues pavées en me souvenant du premier été ici, des glaces le soir, des restaurants, de la plage, de la digue et des bateaux. J'hésite encore à faire un rapide plongeon dans l'eau avant de rentrer, je regarde ma journée et regrette de ne pas avoir pu la partager, de ne pas profiter de nos derniers moments ici ensemble, puisque toute seule j'ai l'impression que tout compte beaucoup moins. En espérant que tu finisses moins tard demain soir ou la semaine prochaine, qu'on puisse se baigner ensemble et retourner au restaurant, et en m'excusant de ce post vraiment personnel qui ne regarde que moi et que j'espère secrètement qu'on ne lira pas, je laisse mes images du mois, mes semaines et mon quotidien jusqu'à aujourd'hui, mercredi 14 juin.
(il y a fait très chaud, sont revenus les premiers coups de soleil, les barbecues, les baignades, les pieds nus et les robes légères, les longues soirées dehors et les cueillettes de fruits rouges.)



(aperçus chez moi en fin d'après midi)